Quand une légende n’en est plus une.

dans INRA/Rapports indépendants Par

Dans ces colonnes, j’ai toujours eu à coeur de rester dans le cadre journalistique. Ceci ne m’a jamais empêché d’exprimer mes opinions, mais personne ne pourra jamais me reprocher de ne pas avoir effectué de sérieuses recherches avant de publier un article dans ce journal.

J’ai également toujours évité les sujets personnels.

 

Mais cette fois, je vais déroger à cette règle.

Le sujet qui va être abordé dans l’article qui va suivre touche directement mon histoire familiale autant que les sujets qui me tiennent à coeur depuis que j’ai commencé à écrire ici.

 

A la fin de la semaine dernière, la rédaction a été contacté par un de ces anonymes qui nous envoient régulièrement des messages supposés être des scoops potentiels. Généralement, après quelques vérifications d’usages, ils s’avèrent ne pas en être, et quelque fois, nous découvrons quelques perles, ce qui nous motive pour les lire tous et engager les investigations qui s’imposent afin de vérifier si l’information est bel et bien aussi lourde que le messagers l’annonçait.

 

Cette fois, le message contenait juste un message lapidaire : les images transmises en pièces jointes vont attirer toute votre attention.

Suivaient les deux images suivantes :

https://i.imgur.com/d9CCykh.jpg

https://i.imgur.com/Dt0JeHA.jpg

Accompagnées de la formule suivante : ceci n’est pas un hermitage, mais ce pourrait tout aussi bien en être un.

 

Ceci nous a alerté car en français, on écrit “ermitage” sans H, alors que c’est le cas en anglais. Peut-être un indice à suivre pour trouver ce site.

 

Mais surtout, ce sont les inscriptions sur les réservoirs et le fronton de l’entrée de la base qui ont attiré toute mon attention : INRA.

 

La dernière fois que j’ai entendu parlé de l’organisation, c’était par mon père, Maximilian Weaver. Et c’est là que cet événement est devenu, en quelque sorte, une affaire personnelle.

 

Du peu que mon père à pu m’en dire, il aurait travaillé pour l’INRA quand il était encore très jeune. La première guerre contre les Thargoids faisait rage, et mon père voulait se rendre utile, alors il s’est engagé. C’était un ingénieur avant toute chose, mais il a quand même suivi toutes les étapes de formation militaire requise pour devenir officier au sein de l’INRA.
Il était tellement motivé par cet engagement qu’il avait même réussi à entraîner avec lui un camarade d’étude, Dreyfuss. C’est lui qui deviendrait par la suite son associé en affaire, avec le succès qu’on sait.

Mais alors, nous en étions encore très loin.

Après sa formation de cadet, une fois ses galons d’officier accrochés à son uniforme, et passées les quelques missions militaires d’usage pour les valider, il fut orienté vers un centre de recherche avancé où ses compétences scientifiques et techniques pourraient être pleinement exploitées par l’organisation.

 

De ce qu’il m’en a dit, il aurait travaillé alors sur un projet de recherche agronomique s’appuyant sur une ingénierie inverse d’artefacts Thargoids. Il ne m’a jamais donné plus de détails que cela, ni où ces recherches avaient lieu, ni avec qui il avait travaillé alors.

 

Tout ce qu’il m’a dit, c’est qu’il avait travaillé avec enthousiasme sur un projet destiné à enrayer le problème de la sous nutrition, et que l’équipe dans laquelle il était intégré avait obtenu des résultats probant, jusqu’à ce qu’un jeune scientifique découvre que leurs découvertes pourraient également servir à détruire les Thargoids. Comment peut-on supprimer la malnutrition d’un côté et provoquer un génocide de l’autre, avec la même découverte, a toujours été quelque chose qui m’a interrogé.

 

Toujours est-il que lorsqu’il apprit que les résultats des recherches de l’équipe dans laquelle il travaillait allaient servir à développer une arme de destruction massive, il demanda sa mutation dans l’équipe qui allait développer cette arme.

 

J’avoue que cela ne ressemble pas beaucoup à l’image que je me fais de mon père. J’ai toujours eu en mémoire un homme empreint d’humanisme et de haute valeurs morales. Mais il m’apprit que c’était afin de pouvoir être aux premières loges lorsque l’arme serait finalement finalisée.

 

Finalement, il subtilisa les plans de l’arme, les formules et recettes de fabrication liées à l’ingénierie génétique qui ont permis le développement de cette arme, que nous connaissons tous aujourd’hui sous le nom de “Virus Mycoid”.

 

Une fois en possession de tous les éléments permettant de reproduire le mycoid, il quitta l’INRA et entra dans le civil.

Personne n’eut jamais aucun soupçon à propos de son vol.

 

C’est plusieurs dizaines d’années plus tard, une fois à la tête d’une compagnie florissante, qu’il se rapprocha de compagnies membres de l’Alliance, leur parla de ce qu’il possédait, et qu’il savait comment produire une antidote. C’est comme cela, m’a t-il dit lorsque j’étais encore jeune homme, qu’il fut à l’origine du développement d’une antidote au virus mycoid qui permit à l’Alliance d’établir des relations solides avec certains Thargoids.

 

Aujourd’hui, avec le recul que me donne l’âge, je me dis que tout ceci pouvait être constitutif de la légende personnelle que mon père voulait se construire.

Après tout, jusqu’à maintenant, l’INRA était une légende, le virus mycoid tout autant, et ainsi de la première guerre contre les Thargoids.

 

Sauf que des éléments publiés dans notre Pravnet adorée depuis plus d’un an nous disent clairement que non, la première guerre contre les Thargoids a bien eu lieu.

 

Et les images qu’on nous présentait semblaient démontrer que l’INRA n’était pas non plus une légende, et ainsi du virus mycoid.

 

J’ai rapidement pris contact avec le Cmdr Aymerix, de Wing Atlantis, pour lui parler de tout ça. Il a transmis ces informations à Mme Alvina de Messalina, leur dirigeante. Elle a très vite pris contact avec moi directement pour me dire qu’elle lançait une opération de Wing Atlantis afin de découvrir cette base de l’INRA abandonnée au plus vite.

 

De mon côté, je lui ai assuré de toute le soutien que pourrait lui apporter les équipes d’OSIRIS.

Et ainsi, quelques heures à peine après réception de ce message, nous étions partis en quête de cette base abandonnée.

Il ne nous a pas fallu plus de quelques jours de recherches pour la trouver. Certains diront que ce fut bien rapide. Mais ils n’ont aucune idée des ressources et du nombre de Cmdrs mobilisés pour l’occasion. Tout ceci n’a été rendu public que 2 jours après que l’opération avait été lancée, pour des raisons évidentes de sécurité. Et bien entendu, des membres de ceux qu’on appelle le Club, ou à tout le moins, des personnes manipulés par eux, sont intervenus massivement pour tenter de discréditer la découverte du site qui eut lieu à peine quelques heures après que nous ayons rendu cette opération publique, soit le lundi 9.

 

Je me suis empressé de me rendre sur place. Je dois avouer que cela faisait bien longtemps que je n’avais ressenti une telle excitation. Sur le moment, j’avais 20 ans !

 

Les Cmdr EfilOne, Yuksarr et Klingsor étaient avec moi. C’est EfilOne qui trouva le site le premier, et à peine une dizaine de minutes plus tard, Yuksarr, Klingsor et moi étions sur place.

 

Nous avons pu pirater les liaisons de données montantes installées un peu partout sur le site. Et la lecture des journaux m’a plongé dans la plus profonde stupéfaction.

Etait-ce mon père qui était évoqué dans ces journaux ? J’en doute. Le jeune homme dont il est question semble assez éloigné des valeurs de mon père. Assez curieusement, il semble partager plus  de valeurs avec la directrice de recherche du site qu’avec ce jeune homme. Peut-être, donc, est-ce grâce à cette femme que mon père aura pu rejoindre les équipes qui ont plus tard développé ce virus meurtrier, qui sait. Je ne dispose d’aucun souvenir et aucune traces me permettant d’aller plus loin. Je dois même avouer que ces journaux semblent plus m’en avoir appris sur mon père que tout ce qu’il aura pu me dire de son vivant.

 

J’espère pouvoir être encore là lorsque la base suivante sera découverte. Il va sans dire que Wing Atlantis et OSIRIS, ainsi que certains de nos amis proches, mènent actuellement des investigations approfondies sur la question.

 

Je pense que j’aurais l’occasion de revenir sur tout cela dans les prochaines semaines.

Pour l’heure, j’ai besoin d’un peu de temps pour digérer toutes ces informations et les mettre en perspective avec tout ce que nous avons pu découvrir à la rédaction de The Onionhead.

 

Merci de votre lecture.